DEFINITION

Le réflexe archaïque (RA) est une réaction motrice stéréotypée automatique et involontaire en réponse à
une stimulation donnée.
Ils concernent la bouche, les mains, les pieds et le rachis.
Ils apparaissent dès les premiers jours in utéro, se développent à différents stades de la grossesse,
aident à la progression de la filière pelvienne au moment de l’accouchement et sont les points de
départ de mouvements volontaires après 4 mois de vie extra utérine.
A la naissance, le nourrisson passe du contenant protecteur du milieu utérin au monde aérien où il
est assailli par de très nombreux stimuli : les RA de survie assurent une réponse immédiate à ce
nouvel espace.
Pour mieux comprendre, un peu de Neurophysiologie : in utéro et jusqu’à 6 semaines post terme, les
RA sont présents sous la dépendance des voies sous cortico spinales donc sans implication du cortex.
En fondu enchaîné, progressivement la chorégraphie des RA va faire place aux mouvements
volontaires sous le contrôle supérieur des voies cortico spinales.

QUE SIGNIFIE INTEGRATION DES RA

Un RA intégré signifie qu’il a fait place à un mouvement volontaire, sous influence corticale cette
fois.
Exemples : le réflexe de succion va progressivement faire place à de la succion volontaire efficace
puis à la mastication par des mouvements de langue, de mandibule, de muscles sus et sous hyoïdiens
associés.
Le grasping des mains , vers 4 mois, fait place à la préhension dirigée des objets.
A noter que nous éliminons de ce chapitre les désordres neurologiques graves

  • Cas particulier des nourrissons grands prématurés (moins de 34 semaines de gestation) : un
    retard d’intégration des RA est souvent associé.

COMMENT OPTIMISER
LA BONNE INTEGRATION DES RA

  • Par le respect de la motricité libre qui permet le passage en fondu enchainé de l’archaïque
    au volontaire, il est important de relier à la motricité libre, c’est-à-dire au corps libre sur le
    tapis , la bouche libre (première zone d’exploration du bébé qui porte le pouce en bouche
    dès 12 ou 13 semaines de gestation) et les yeux libres sans arche au dessus du visage qui
    freinerait les rotations cervicales droites et gauches.

    Exemples : la tétine est devenu l’outil commercial semblant indispensable, mais obligeant
    le nourrisson a conserver son réflexe archaïque de succion, avec comme conséquence une mauvaise
    occlusion (béance) avec mastication en charnière c’est-à-dire sans latéralité, un rétrognatisme,
    une position de langue restant basse, une mauvaise déglutition avec des compensations des muscles
    antérieurs du cou, et petit à petit une respiration uniquement buccale avec majoration du risque
    d’otites et d’apnées du sommeil … sans oublier les conséquences de l’expression masquée par ce
    substitut de réconfort !
    Le pouce, lui, va spontanément disparaitre quand l’enfant va prendre avec ses
    mains les objets et les porter à la bouche pour les mastiquer (de 4 à 6 mois) … sauf dans le cas où le
    nourrisson se sert de ce pouce pour s’auto libérer de contraintes crâniennes non levées ou pour
    combler trop de temps d’ennui …
    Le nourrisson en transat ne pourra expérimenter les retournements et dérouler
    sa ceinture scapulaire, ne désensibilisera pas ses mains et ses pieds par le contact au sol …
    plus tard à l’école les difficultés de tenue de stylo en seront la conséquence directe.
  • Par la libération des contraintes, des restrictions de mobilité par les techniques
    ostéopathiques pédiatriques adaptées de la base du crane (ce qui libère les paires
    crâniennes, les chaines musculaires) de la face, de l’axe vertébral jusqu’au bassin.
    Ces restrictions peuvent être secondaires à une mauvaise position in utéro (siège) à une
    césarienne, un accouchement voie basse trop rapide ou trop long, à des forceps, des
    ventouses etc …

POUR CONCLURE

Les RA doivent être présents mais non aberrants dans le temps, ils font place spontanément à la
motricité volontaire sous influence corticale, motricité incluant les fonctions orales et visuelles.

ET POUR UNE PRISE EN CHARGE OPTIMALE

  • Motricité libre, stimulations sensorielles, bercements qui stimulent le vestibule, point
    d’orgue du développement postural
  • En parallèle, libération des contraintes ostéopathiques
  • Dans un second temps, si persistance d’un RA non intégré, avoir recours à un professionnel
    de santé spécialisé dans l’intégration des RA et de la rééducation neuroposturale pour offrir
    au nourrisson ou à l’enfant les outils nécessaires, en fonction de son âge et de sa
    problématique.

BIBLIOGRAPHIE

Dr Martine ARNAUT, médecin Ostéopathe pédiatrique
Nadia Gourdon Lautissier, kinésithérapeute pédiatrique

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